LE JOURNAL IMANE STREET

Réflexions et inspirations pour cheminer vers un cœur solide

Gardienne à ta manière !

Sois une ḥāfidhah à ta manière


Parce que le Coran a plusieurs gardiennes

Dans notre communauté, on pense souvent que seule la femme qui a mémorisé tout le Coran est une "ḥāfidhah". Mais en islam, la notion de "ḥifdh" ne se limite pas à la mémorisation.

C’est aussi une responsabilité de préservation, de respect, de pratique. Le mot "ḥifdh" signifie : préserver, garder, protéger.

Allah dit dans le Coran (sourate Qāf, verset 18) :
« Il ne prononce aucune parole sans qu’un observateur prêt à l’inscrire ne le fasse. »


Cela montre que même la parole est un dépôt. Alors que dire de la Parole d’Allah ?

Tu peux donc être une ḥāfidhah selon différentes dimensions reconnues dans la tradition islamique, et validées par les savants.

1. La ḥāfidhah du texte (ḥifdh al-matn)

C’est celle qui a appris le Coran par cœur, partiellement ou totalement. C’est la signification classique. Elle a un lien fort avec la parole d’Allah à travers sa mémorisation. Elle la récite, la révise, elle corrige ses erreurs. Elle entre dans la catégorie des "Ahl al-Qur’ān", ceux qui sont les gens d’Allah et Ses privilégiés, comme mentionné dans le hadith :

« Les gens du Coran sont les gens d’Allah et Ses privilégiés. »
(Rapporté par Ibn Mājah, authentifié par Al-Albānī)

Mais attention : cette mémorisation doit s’accompagner d’humilité, de révision constante, et d’un comportement et mise en pratique en accord avec le Livre.

2. La ḥāfidhah de la pratique (ḥifdh al-ʿamal)

Ibn al-Qayyim et d’autres savants ont insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas uniquement de porter le Coran par le cœur, mais de le porter par les actes. C’est celle qui applique les versets qu’elle connaît, même s’ils sont peu nombreux.

Le Prophète aleyhi salat wa salam a dit :
« Le Coran est une preuve en ta faveur ou contre toi. »
(Rapporté par Muslim)

Cela montre que le lien au Coran passe aussi par le comportement.

Une femme peut connaître peu de versets, mais elle les applique avec sincérité : dans sa patience, dans sa pudeur, dans sa justice. Elle est donc dans une forme noble de ḥifdh.

3. La ḥāfidhah du sens et de la compréhension (ḥifdh al-maʿnā wa at-tafsīr)

Cette catégorie est moins connue mais essentielle.

Elle concerne la femme qui étudie le sens du Coran, qui réfléchit à ses versets, qui essaie de comprendre les objectifs du message. C’est ce qu’on appelle "at-tadabbur", la méditation du Coran, à laquelle Allah nous ordonne dans plusieurs versets :

« Ne méditent-ils donc pas sur le Coran ? »
(Sourate An-Nisāʾ, verset 82)

Même si elle ne mémorise pas rapidement, elle fait vivre le Coran dans son cœur par la réflexion, la recherche de sens, et la mise en perspective de ses propres comportements.

4. La ḥāfidhah par protection et respect (ḥifdh al-ḥurmah)

C’est celle qui honore le Coran dans sa maison, dans sa manière de le toucher, de l’écouter, de le défendre. Elle veille à ce que le Coran soit respecté dans son environnement. Elle ne le laisse pas prendre la poussière. Elle le fait écouter à ses enfants. Elle ne le lit pas à la hâte, et ne le récite pas sans wudūʾ. Elle se sent responsable du Livre d’Allah.

Cela entre dans le sens plus large de la parole du Prophète :
« Préservez le Coran, car par Celui qui détient mon âme entre Ses mains, il est plus prompt à s’échapper que le chameau de sa corde. »
(Rapporté par Al-Bukhārī et Muslim)

Elle veille donc à le préserver dans son statut et sa place dans sa vie.

5. La ḥāfidhah sincère dans son intention (ḥifdh an-niyyah)

Beaucoup de femmes ont le cœur tourné vers le Coran sans avoir encore commencé à apprendre. Mais elles désirent sincèrement l’aimer, s’y attacher, s’y investir. L’intention compte énormément en islam.

Le Prophète (paix et salut sur lui) a dit :
« Les actes ne valent que par les intentions. »
(Rapporté par Al-Bukhārī et Muslim)

Une femme qui fait une invocation pour être une femme du Coran, qui se sent mal quand elle néglige le Coran, qui espère un jour le mémoriser : cette femme est déjà en chemin.

Son intention est comptée auprès d’Allah, tant qu’elle continue à faire des efforts, même petits.

Quelle que soit ta catégorie, ne minimise jamais ton lien avec le Livre d’Allah

Tu n’as pas besoin d’avoir terminé le Coran pour que le Coran fasse partie de toi.
Tu peux être une gardienne dans ton cœur, dans ta pratique, dans ton comportement, dans ta sincérité.

Le plus grand danger, ce n’est pas de ne pas avoir fini de mémoriser.
Le plus grand danger, c’est de se détourner du Livre d’Allah.

Alors reste tournée vers lui, à ta manière.

Rapproche-toi chaque jour, même par un seul verset.

Et demande sincèrement à Allah :

« Ô Allah, fais de moi une femme du Coran : dans ma langue, dans mon cœur, dans mes actes et jusqu’à ma mort. »

Prend ce temps pour toi.

Lis. Réfléchis. Avance et Nourris ton cœur

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