LE JOURNAL IMANE STREET
Réflexions et inspirations pour cheminer vers un cœur solide
La bataille silencieuse d'une musulmane :
Entre shaytan, nafs et dounia, elle doit s'accrocher à sa Foi
Pour une femme musulmane, chaque jour est une lutte sur un champ de bataille.
Elle lutte sans relâche contre les tentations, contre les faiblesses de son âme, et contre ce monde éphémère qui semble tout lui offrir pour la détourner d’Allah ‘Azzawajel. Pourtant, elle se tient droite, parfois vacillante, mais déterminée à garder ce lien avec son Créateur.
Dans son cœur, des questions déchirantes l’assaillent, des doutes l’envahissent, et la fatigue de cette lutte alourdit ses petites épaules.
Mais elle persévère, elle n’abandonne pas malgré la douleur et le doute, car elle est animée par cette certitude intime qu’au bout de ce chemin difficile se trouve la récompense promise par son Seigneur.
Le chuchotement insidieux du shaytan : un ennemi caché dans l'ombre
Le Shaytan ne vient pas à elle avec des éclats ou des hurlements pour semer le doute dans son esprit.
Une de ses ruses consiste à lui murmurer, doucement, imperceptiblement, des insufflations.
Il lui chuchote de prendre des libertés avec sa foi, de reporter ses prières, de négliger le voile ou de lui donner une interprétation plus souple des textes .
Le Shaytan est patient, même très patient et il sait comment toucher ses failles les plus cachées car il étudie l’Homme depuis le premier à savoir Adam Aleyhi salam.
Elle peut etre amenée à se demander alors : "Pourquoi devrais-je continuer à m’imposer ces restrictions, alors que d’autres vivent une vie plus simple, plus libre ? Mes efforts ont-ils réellement du sens ?
Et si cette lutte sans fin me rendait plus malheureuse qu’elle ne m’apporte de paix ?"
Autant de questions qui la perturbe, et parfois, elle peut se demander si cette résistance n’est pas vaine. Elle s’interroge sur la pertinence de cette lutte, sur le poids de cette foi qui semble parfois si lourde. Pourtant, chaque fois qu’elle se souvient de la grandeur d’Allah ‘Azzawajel, qu’elle se rappelle la promesse de la miséricorde divine, elle parvient à repousser ces pensées, à se rebooster de à retrouver un semblant de paix, et à continuer.
Le nafs : une lutte contre soi-même
Le plus difficile des ennemis, pourtant, se cache au-dedans d'elle-même.
Son Nafs– cette âme qui a ce penchant pour les passions.
Cette part d'elle qui recherche la facilité, le confort, le plaisir immédiat – est sans doute son adversaire le plus coriace.
Ce Nafs lui souffle de chercher la reconnaissance des autres, de répondre à des désirs les plus fous qui n’apportent qu’un soulagement momentané.
Elle sent la pression de son propre ego qui lui murmure : "Pourquoi ne pas céder, juste un peu ? Pourquoi ne pas profiter de ce monde, vivre avec plus de légèreté, suivre mon cœur sans me restreindre ?"
Son Nafs la pousse à des questionnements profonds, des réflexions qui troublent son cœur.
Ces doutes s’infiltrent dans ses moments de faiblesse, et elle se sent tiraillée entre son désir de se libérer de ces règles qu’elle perçoit parfois comme pesantes et son envie de trouver une certaine sérénité ici-bas.
Malgré tout, elle sait que maîtriser son nafs est la voie vers une satisfaction plus profonde, vers une liberté qu’elle ne peut trouver que dans l’adoration exclusive à Allah ‘Azzawajel.
Elle choisit alors, à contrecœur parfois, de ne pas céder, de retenir ses désirs pour garder l’intégrité de sa foi, même si elle se demande jusqu’à quand elle pourra lutter ainsi.
Elle emprisonne cette âme et n’abandonne pas sa lutte intérieure.
Même si parfois elle gagne et parfois elle perd mais ne baisse pas les bras.
La dounia : Le poison doux de ce monde matériel
Puis il y a la Dounia, ce bas monde qui lui tend les bras, plein de promesses de bonheur, de succès et d’acceptation.
Elle est tentée par ces choses qui semblent si légitimes, si humaines : avoir un travail gratifiant, être acceptée socialement, avoir une vie de famille comblée, l’exposer fièrement sur les réseaux sociaux et être perçue comme "ouverte" et "moderne."
Mais elle sait aussi que ce monde est un mirage, un piège habilement déguisé en rêve. La Dounia lui rappelle sans cesse ce qu’elle pourrait avoir si elle s’éloignait un peu de cette discipline religieuse : "Si j’abandonnais un peu, ne serais-je pas plus acceptée, plus heureuse ? Pourquoi dois-je constamment lutter alors que d’autres semblent heureux sans toutes ces contraintes ?"
Il lui arrive parfois qu’elle se pose des questions douloureuses : "Et si je passais à côté de ma vie ? Ne suis-je pas en train de gaspiller des opportunités, de me priver des plaisirs ?
Ces questionnements la troublent souvent.
Elle observe parfois la facilité de ceux qui vivent sans cet attachement à Allah, qui semblent goûter chaque instant de la vie sans se poser de questions.
Mais en elle demeure cette voix, cette conscience qui lui rappelle que ces plaisirs sont éphémères, que la Dounia est une illusion qui cherche à la détourner de ce qui est réellement précieux à savoir Allah ‘Azzawajel puis de la récompense promie ainsi que de Son vaste pardon et de la vraie réussite.
Alors elle fait son choix et décide de s’accrocher à ce qui est meilleur et plus durable. Elle décide de ne plus rien attendre de cette Dounia qui finira par la décevoir tout comme elle a déçu les milliards d’humains passés avant elle et qui ont quitté ce bas monde avec tant de regrets.
S'accrocher à la foi : le refuge au milieu de la tempête
Au milieu de cette bataille, sa foi reste son refuge, la seule ancre qui lui rappelle ce qui est vrai et juste, malgré le poids des doutes, malgré la fatigue.
Chaque prière est une rencontre avec Allah, un moment où elle se rappelle la raison de ses sacrifices, où elle retrouve un calme fragile mais apaisant.
Un moment où elle renouvelle son engagement vis-à-vis de son Créateur.
Elle sait que sans cette foi, elle se perdrait dans un monde qui n’a rien de stable à lui offrir, rien qui apaise durablement son cœur.
Sa croyance est son canot de sauvetage au milieu de tsunamis de sa vie.
C’est sa boussole quand elle est perdue.
C’est sa bulle d’oxygène quand elle manque d’air.
Elle ne s’est jamais sentie aussi bien que dans son accroche à la foi.
Elle ne voudrait abandonner cela pour rien au monde car elle se rends compte que c’est le plus grand Trésor qu’elle possède.
Alors elle lutte encore et encore car à l’arrivée, tous ses sacrifices en valent la peine
Conclusion : une résistance qui a du sens
La vie d’une femme musulmane est une épreuve remplie de questionnements et de doutes.
Cette bataille silencieuse, parfois accablante, est pourtant son chemin vers une paix qu’elle ne trouve ni dans la Dounia, ni dans la satisfaction du Nafs.
Elle sait que sa lutte est précieuse, que chaque question qui l’écorche est une nouvelle porte vers son rapprochement avec Allah ‘Azzawajel et que chaque victoire, aussi infime soit-elle, l’élève spirituellement.
Ces doutes qui l'habitent, ces interrogations qui la hantent, sont pour elle autant de moyens de se recentrer, de se rappeler que sa foi n'est pas un fardeau mais une force. Elle réalise que cette lutte la rend plus forte, qu’elle lui permet de se rapprocher d’une réalité plus profonde, celle d’une vie en accord avec ses convictions, malgré les incompréhensions.
Sa foi, ce combat quotidien, lui donne un sens, une authenticité, et une profondeur que rien d’autre ne pourrait lui offrir.
Sa foi la rend tout simplement meilleure.
En fin de compte, elle sait que sa quête spirituelle, l’emmène vers une félicité éternelle dont elle n’a aucun doute
Alors accroche toi !
Prend ce temps pour toi.
Lis. Réfléchis. Avance et Nourris ton cœur