LE JOURNAL IMANE STREET

Réflexions et inspirations pour cheminer vers un cœur solide

La musulmane \"chrysalide\"

La musulmane "chrysalide"

La musulmane que je qualifie de "chrysalide" est souvent la moins comprise.
Parce que son travail ne se voit pas.
Parce que son cheminement est silencieux.
Parce qu’elle n’entre plus dans ce que les autres savent lire facilement.

Cette musulmane, c’est celle qui s’est arrêtée.
Pas parce qu’elle a abandonné.
Mais parce qu’elle a compris qu’elle ne pouvait plus avancer comme avant.

Tout change à l’intérieur d'elle

Elle se replie.
Elle parle moins.
Elle s’expose moins.
Elle s’éloigne parfois.

De l’extérieur, on peut croire qu’elle recule.
Qu’elle se perd.
Qu’elle s’éteint.

Mais à l’intérieur, tout est en train de se transformer.

Elle est en pleine déconstruction positive.
Elle remet en question ce qu’elle croyait acquis.
Elle trie ce qu’elle a appris, ce qu’on lui a transmis, ce qu’elle a subi.

Elle fait aussi le tri entre la vérité et le faux , entre le bien et le mal.
Elle regarde ses intentions avec honnêteté.
Elle affronte ses incohérences.
Elle fait face à ses blessures.

C’est une étape inconfortable.
Souvent douloureuse.
Souvent solitaire.

Parce qu’on ne peut pas se transformer en restant distraite.
On ne peut pas se reconstruire en restant exposée en permanence.

La musulmane dite "chrysalide" peut sembler fragile, mais elle ne l’est pas.
Elle est en plein travail intérieur.
Et ce travail demande énormément d’énergie.

À ce stade, elle doute plus qu’avant.
Elle questionne plus qu’avant. Médite plus qu'avant.
Elle ne se contente plus de réponses simples.

Elle ne veut plus faire “comme il faut”.
Elle veut faire avec justice. Elle pense plus à Allah 'Azzawajel.

Mais c’est aussi à ce moment-là qu’elle est le plus jugée.
Parce qu’elle ne correspond plus à ce que les autres attendent.
Parce qu’elle ne rentre plus dans les cases habituelles.
Parce qu’elle n’est plus facilement lisible.

On la presse.
On la questionne.
On l’inquiète.
On voudrait qu’elle redevienne “comme avant”.

Mais la musulmane "chrysalide" ne peut pas revenir en arrière.
Elle a vu trop de choses.
Elle a compris trop de choses.

Si on force une chrysalide à s’ouvrir trop tôt, elle meurt.
Si on la secoue, on abîme ce qui est en train de naître.

Cette femme a besoin de temps.
De silence.
De sécurité.

Elle n’a pas besoin d’être corrigée.
Elle n’a pas besoin d’être accélérée.
Elle a besoin d’être respectée.

Ce stade de "chrysalide" n’est pas une parenthèse inutile.
C’est une étape essentielle.

C’est là que se fait le tri. C'est là que tout se décide.
C’est là que se consolide la sincérité.
C’est là que la foi cesse d’être seulement extérieure pour devenir profondément intérieure.

La femme chrysalide n’est pas perdue.
Elle est en transformation.

Et même si personne ne voit ce qu’elle traverse, Allah 'Azzawajel le voit
Même si son chemin semble flou de l’extérieur,
ce qu’elle construit à l’intérieur est solide et Allah 'Azzawajel ne l'abandonne pas.

Elle ne sait pas encore ce qu’elle va devenir.

Où son cheminement va la mener.
Mais elle sait qu’elle ne peut plus être celle qu’elle était.

Elle ne peut plus rétrograder au stade de "chenille.

Et ça, c’est déjà un immense pas.

Prend ce temps pour toi.

Lis. Réfléchis. Avance et Nourris ton cœur

systeme.io