LE JOURNAL IMANE STREET

Réflexions et inspirations pour cheminer vers un cœur solide

La schizophrénie spirituelle de la musulmane

Entre dīn et dunya, un cœur qui ne choisit jamais vraiment

Ma sœur,

Ce que je vais te dire ici ne vient pas d’un ton hautain, ni froid, ni accusateur.
Je ne t’écris pas d’un piédestal. Bien au contraire !
Je t’écris depuis l’intérieur de cette lutte que beaucoup d’entre nous connaissent.
Ce tiraillement profond. Ce flottement permanent. Ce sentiment de ne jamais vraiment être là, ni là.

Tu vois de quoi je parle ?

Cette sensation que tu es tout le temps "entre"

Tu fais ta prière, mais ton cœur est ailleurs.
Tu écoutes un rappel, mais juste après, tu ouvres Netflix ou TikTok.
Tu pleures pendant le Qur’an… mais tu continues une relation qui te tire vers le haram.
Tu dis que tu veux Allah, mais tu passes plus de temps à entretenir ton image qu’à purifier ton âme.

Tu es dans la religion, mais jamais vraiment entière.
Et dans la dunya… tu n’es pas à l’aise non plus.
Tu ne veux pas t’y perdre, mais tu n’arrives pas à t’en détacher.

Et ça, ma sœur, ça fatigue l’âme. Ça use le cœur.
Parce que tu es en permanence écartelée. Divisée. Fragmentée.

Tu dis "je veux changer", mais tu ne bouges pas vraiment

Combien de fois tu t’es dit :

"À partir de demain, je me reprends."
"Je vais m’organiser avec le Qur’an."
"Je vais couper ce lien toxique."
"Je vais m’investir plus sérieusement dans la religion."

Mais quelques heures, ou quelques jours plus tard…
Tu replonges dans les mêmes mécaniques.
Et tu te dis : « J’suis pas assez forte. J’suis perdue. J’y arriverai jamais. »

Tu vis dans une double vie invisible.
Et même si personne ne la voit clairement de l’extérieur, toi tu la ressens.
Tu sais que tu joues entre deux mondes. Que tu caches, que tu retardes, que tu navigues à vue.

Et ça crée une sorte de schizophrénie spirituelle, où tu n’es jamais pleinement sincère ni pleinement à l’aise.

Pose-toi cette question : tu veux quoi, vraiment ?

Pas ce que tu dis.
Pas ce que tu postes.
Pas ce que tu montres.

Ce que tu veux, au fond. Ce que tu poursuis.

Est-ce que tu veux plaire à Allah ?
Ou est-ce que tu veux plaire aux gens… en essayant de garder un pied dans la religion pour ne pas te sentir coupable ?

Est-ce que tu veux vraiment te purifier ?
Ou est-ce que tu veux juste soulager ta culpabilité en restant "un peu" dans le dine ?

Tu ne peux pas être dans deux directions et espérer avancer.

Le Prophète aleyhi salat wa salam a dit :
« Celui dont la dunya est sa principal préoccupation, les soucis se multiplieront, Allah dispersera sa vie, mettra la pauvreté entre ses yeux, et rien de la dunya ne lui viendra sans que cela ait été écrit pour lui.
Mais celui qui fait de l’au-delà sa principale préoccupation, Allah réunira son affaire, enrichira son cœur, et la dunya viendra à lui malgré elle. »
(Rapporté par At-Tirmidhi)

Tu comprends ?
Le problème, ce n’est pas le fait d’être faible.
C’est le fait de ne jamais trancher. De ne jamais décider. De toujours "flotter".

Et le piège, c’est l’auto-sabotage spirituel

Tu te dis :

"J’ai pas la foi qu’il faut."
"Je suis trop loin."
"Allah ne me pardonnera pas, je suis trop instable."
"Je suis fatiguée, j’ai trop de choses à gérer."

Mais est-ce que tu te rends compte que ce discours, c’est exactement ce que Shaytān veut que tu te répètes ?

Il ne veut pas que tu sois une mécréante.
Il veut juste que tu restes bloquée dans l’indécision, paralysée par la peur, découragée par l’illusion de la perfection.

Et pendant que tu te dis que tu n’es pas encore prête…
la vie avance. Le temps passe. Ton cœur s’abîme. Tes actes s’étiolent.

Ce n’est pas que tu n’as pas la foi.
C’est que tu refuses d’aller vraiment là où elle t’appelle.

Tu n’as pas besoin d’être parfaite. Tu as besoin d’être sincère.

Allah ne te demande pas d’être une pieuse irréprochable du jour au lendemain.
Il te demande d’être honnête. D’être vraie. D’avancer vers Lui. Même en boitant.

Mais il faut choisir une direction.

Tu ne peux pas dire "je veux Allah"… et continuer à maintenir activement tout ce qui t’éloigne de Lui.

Tu ne peux pas dire "je veux changer"… si tu protèges tout ce qui t’empêche de le faire.

Tu dois commencer par dire un vrai oui à Allah.
Et un vrai non à ce qui t’épuise, t’use, te détourne, te fait stagner.

Même si c’est progressif. Même si c’est dur. Même si tu retombes.
Mais il faut décider.

En résumé :

  • Tu ne peux pas vivre indéfiniment avec un cœur divisé.

  • La schizophrénie spirituelle te vide et te perd.

  • Tu n’as pas besoin d’être parfaite, tu as besoin d’être lucide et sincère.

  • Choisis une direction. Même lente, mais ferme.

  • Ce que tu refuses d’abandonner aujourd’hui pourrait être ce qui te coûte ton chemin vers Allah demain.

Ma sœur,
Je te dis ça parce que je t’aime en Allah.
Parce que je veux que tu vives avec un cœur libre, aligné, paisible.

Pas entre deux mondes. Pas dans une illusion.
Mais dans une vérité intérieure qui te rapproche chaque jour un peu plus de Ton Seigneur.

Prend ce temps pour toi.

Lis. Réfléchis. Avance et Nourris ton cœur

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