LE JOURNAL IMANE STREET
Réflexions et inspirations pour cheminer vers un cœur solide
L’interprétation… ou l’art de se faire des films
Tu connais cette scène :
Elle te regarde à peine → tu conclues qu’elle te méprise
Il ne te parle pas comme d’habitude → tu supposes qu’il ne t’aime plus
Elles rient entre elles → tu crois que c’est sur toi
Personne ne t’écrit → tu te dis que t’es oubliée
Et tout ça… sans aucune preuve.
Juste un sentiment.
Une impression.
Un scénario que tu construis seule.
Ma sœur, ça s’appelle de l’interprétation.
Et chez beaucoup de femmes, c’est devenu un sport.
Une spécialité.
Une manie.
Presque… une addiction.
Un film mental. Mais avec des dégâts bien réels.
Tu te fais ton propre film,
Tu en es la victime,
Les autres en sont les coupables,
Et le jugement est rendu…
Sans jamais vérifier quoi que ce soit.
Mais ce n’est pas qu’un petit défaut.
Ce n’est pas juste “je suis sensible” ou “j’ai du flair”.
C’est un fléau silencieux.
Parce que ce que tu crois avoir compris :
Et....Tu ne l’as ni entendu, ni vu clairement, ni confirmé auprès de l’autre
Mais tu y crois.
Et tu agis en fonction.
Tu deviens froide. Aiguisée. Suspicieuse. Méfiante. Médisante. Dégoutante.
Tu fais la tête, tu t’éloignes, tu coupes.
Et tout ça, basé sur du vent.
Ce n’est pas de la lucidité. C’est de l’injustice.
Tu sais ce que dit Ibn al-Qayyim ?
“L’injustice peut commencer dans le cœur, avant même les actes.”
Et penser du mal sans preuve,
Interpréter des intentions sans fondement,
T’imaginer des choses négatives sur autrui,
Puis agir comme si c’était vrai...C’est de l’injustice.
Même si tu ne l’as pas exprimé à voix haute.
Même si tu penses être “juste prudente”.
Shayṭân te souffle, tu valides
Ce n’est pas juste une pensée “neutre”.
Ce sont des suggestions du Shayṭân.
Et à chaque fois que tu les acceptes,
Tu lui ouvres plus de place dans ton cœur.
Il veut quoi ?
Que tu t’éloignes des gens.
Que tu coupes les liens.
Que tu t’aigres intérieurement.
Et que tu te sentes victime,
Alors que parfois… TU es l’origine du malaise.
Tu jettes la faute sur les autres, mais tu portes le poison
Et quand tu te plains ensuite :
“Je suis déçue”
“Je suis toujours mise de côté.”
“Les gens sont injustes.”
“Je donne trop, je reçois rien.” etc etc
Regarde bien…
Combien de ces douleurs viennent de ce que TU as interprété,
Et non de ce qu’on t’a réellement fait ?
Quand tu te plains de ce que tu as imaginé…
C'est TOI qui deviens injuste envers les autres.
Et tu te fais injustement passer pour la victime.
Ce que l’Islam t’enseigne, c’est l’opposé
Allah 'Azzawajel dit :
“Ô vous qui avez cru ! Évitez de trop conjecturer. Une partie des conjectures est un péché.”
(Sourate 49 v.12)
Et le Prophète aleyhi salat wa salam dit :
“Le soupçon est le plus grand des mensonges.”
(Rapporté par al-Bukhârî et Muslim)
C’est simple :
En Islam, tu n’as pas le droit de conjecturer sans preuve.
Tu n’as pas le droit de nourrir le doute dans ton cœur sans raison valable.
Et tu n’as pas le droit d’agir sur la base d’une fiction.
Alors, on fait quoi ?
Tu veux sortir de cette spirale ? Commence ici :
Freine-toi quand une pensée te vient :
“Et si ce n’était pas ce que je crois ?”
Clarifie quand c’est flou. Parle au lieu de juger.
Pense du bien, par défaut. C’est une adoration.
Ne raconte pas tes douleurs si elles sont basées sur ton interprétation.
Parce que oui, se plaindre d’une souffrance imaginaire,
C’est entretenir une injustice invisible.
Alors ma sœur, retiens ceci :
Ce que tu ressens n’est pas toujours la réalité.
Et plus tu interprètes sans preuve,
plus tu t’éloignes de la vérité,
et plus tu risques de faire du tort ,à toi et aux autres.
Arrête de te faire du mal avec ce que tu imagines.
Clarifie. Pense du bien. Freine-toi.
Parce qu’un cœur juste, c’est un cœur qui sait se taire quand il ne sait pas.
Et Allah voit tout.
Même les films que tu te racontes… et que tu crois.
Prend ce temps pour toi.
Lis. Réfléchis. Avance et Nourris ton cœur