LE JOURNAL IMANE STREET

Réflexions et inspirations pour cheminer vers un cœur solide

Quand une mère choisit la vérité plutôt que la peur

On parle souvent de la douceur des mères, de leur tendresse, de leur patience, mais on parle moins de leur courage spirituel, celui qui apparaît quand la foi entre en conflit avec la peur, quand l’amour d’un enfant se heurte à la vérité, et qu’il faut choisir entre protéger une vie… ou protéger une âme.

Parmi les femmes dont le courage a marqué l’histoire de l’islam, il y a Asma bint Abi Bakr, qu’Allah l’agrée, une mère dont la fermeté face à l’injustice et la confiance en Allah 'Azzawajel ont laissé une leçon immense sur ce que signifie vraiment aimer son enfant pour Allah.

Son histoire n’est pas seulement un récit ancien, c’est un miroir pour chaque mère qui se demande jusqu’où va la responsabilité spirituelle qu’Allah lui a confiée.

Une mère face au moment le plus dur : conseiller son fils avant la mort

Son fils, Abd Allah ibn al-Zubayr, était encerclé à La Mecque par l’armée de Al-Hajjaj ibn Yusuf, un gouverneur connu pour sa brutalité, et il savait qu’il allait être tué, car ses soutiens l’avaient abandonné et l’issue était presque certaine.

Avant de sortir pour son dernier combat, il est allé voir sa mère, qui était alors très âgée, presque aveugle, et il lui a parlé avec le cœur d’un fils qui cherche la dernière parole de celle qui l’a élevé.

Il lui a dit qu’on lui proposait la sécurité s’il acceptait de se rendre publiquement, mais que cela signifiait abandonner ce qu’il considérait comme la vérité et il avait peur de ce que ses ennemis pourraient faire de son cadavre, et il lui a demandé son avis.

À cet instant, une mère ordinaire aurait peut-être dit : "sauve-toi", "accepte", "vis", "reste près de moi".

Mais Asma bint Abi Bakr a parlé avec la foi d’une femme qui regarde plus loin que la vie d’ici-bas.

Elle lui a dit en substance : mon fils, si tu es sur la vérité, alors tiens bon dessus , ne te livre pas à eux pour qu’ils jouent avec toi et t'humilie alors que tu es sur la vérité, et elle lui a lancé cette phrase devenue célèbre :
« Mon fils, la brebis une fois égorgée ne ressent plus la douleur. »

Par ces mots, elle lui rappelait que la vraie perte n’était pas la mort ou l’exposition de son cadavre en place public, mais l’humiliation et la trahison de ses principes et de la vérité d'Allah 'Azzawajel .

Quelle femme! Elle a préféré un fils mort avec dignité qu’un fils vivant dans la honte et la soumission aux injustes .

Après la mort de son fils : le face-à-face avec le tyran

Après l’exécution de son fils, son corps fut crucifié et exposé publiquement pour humilier ses partisans, et Al-Hajjaj ibn Yusuf voulut aussi briser la mère, pensant que la vieillesse, la douleur et la perte la rendraient faible.

Il l'a fit venir devant le cadavre de son fils, alors qu’elle avait presque cent ans, presque aveugle, et il lui dit avec arrogance :
“Qu’as-tu à dire de ce que j’ai fait de l’ennemi d’Allah ?”

Elle ne s’est pas effondrée, elle ne l’a pas flatté pour se protéger, elle ne s’est pas tue par peur

.

Elle lui a répondu avec une lucidité tranchante et une fermeté admirable :


“Je vois que tu as détruit sa vie d’ici-bas, et que lui a détruit la tienne dans l’au-delà.”

Puis elle lui rappela une parole du Prophète, Muhammad, aleyhi salat wa salam quand il avait annoncé qu'un menteur et d’un tyran apparaîtraient parmi Thaqīf, et elle lui a dit clairement :


“Le menteur, nous l’avons vu, et c’était Mousaylima Al Kathab et quant au tyran, il se tient devant moi.”

Elle parlait à un homme qui avait le pouvoir de la tuer immédiatement, et elle, vieille femme ayant perdu son fils, lui parlait sans trembler, parce que son cœur était plus attaché à Allah 'Azzawajel qu’à sa propre sécurité.

A noter que Asma n'a rien montré devant les ennemis de son fils et est rentrée dignement chez elle.

Mais la rumeur court qu'elle mourut de chagrin suite au décès de son fils Abd Allah, quelques semaines plus tard.

Ce qu’Asma nous enseigne, à nous les mères

Son histoire nous apprend que l’amour d’une mère croyante n’est pas un amour qui pousse vers la faiblesse, mais un amour qui veut sauver l’âme avant de sauver le corps.

Elle nous montre que le vrai courage d’une mère, ce n’est pas seulement de protéger ses enfants du mal, mais de leur apprendre à tenir sur la vérité même quand cela coûte cher.

Elle nous rappelle que nos paroles, nos conseils, notre position face à l’injustice peuvent façonner le cœur de nos enfants pour toute leur vie, et parfois même pour leur dernier souffle.

Le courage d’une mère peut survivre à la mort

Asma bint Abi Bakr a perdu son fils, mais elle n’a pas perdu sa foi, ni sa dignité, ni sa parole de vérité, et c’est cela qui a rendu son histoire éternelle.

Son courage n’a pas empêché la mort, mais il a empêché l’humiliation, et il a montré que le lien entre une mère et son enfant peut être basé sur la foi au point que, même face à la perte, elle reste droite devant Allah 'Azzawajel.

Et c’est peut-être cela la plus grande leçon : une mère peut avoir le cœur brisé, mais rester spirituellement invincible..

Prend ce temps pour toi.

Lis. Réfléchis. Avance et Nourris ton cœur

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